Donc on s'est dit que comme nous, on aime beaucoup le cinéma, qu'on est un peu des voraces du cinéma finalement (warf ! warf !), on allait donc s'adonner à la critique d'un film qui nous a tous les deux marqués. Un film incroyable, superbe, réalisé par une femme, Antonia Bird (malheuresement disparue de la circulation depuis, dommage)... vous avez pas deviné? Bon, ben,
Date de sortie : 07 Juillet 1999
Synopsis :
John Boyd (Guy Pearce) , Héros de la Guerre de Sécession, est envoyé aux confins enneigés et sauvages de la Californie, dans une compagnie constituée de singuliers personnages: le commandant Hart, le docteur Knox, Cleaves, le cuistot et Georges, un éclaireur indien. John Boyd est entraîné dans une enquête par l'étrange Colhoun (Robert Carlyle), qui déclare que ses compagnons de voyage ont été victimes d'un militaire cannibale rendu fou par le froid et la faim.
La compagnie décide donc de partir au secours des survivants.
Critiquons un peu !
Film atypique s'il en est, VORACE offre bien plus qu'un simple "film d'horreur". A mille lieues de la soit-disant "référence" sur le thème du cannibalisme (CANNIBAL HOLOCAUST de Ruggero Deodato, si vous ne l'avez pas vu, continuez comme ça), VORACE s'ancre tout d'abord dans une réalité bien concrète (la guerre de Sécession) pour mieux basculer dans un huis clos à ciel ouvert. Grâce à un style violent et direct qui ne plagie personne, Antonia Bird offre un duel dont le théâtre est le spectacle de la nature californienne. Le cadre froid, hostile, sauvage, invite à se focaliser sur les réactions des protagonistes de ce western, dont l'angoisse ressurgit dans un paradoxe assumé (deux personnages miroir, dont l'un ne peut accepter la nature de l'autre, et vice versa). La terreur chariée par ce face à face anthologique trouve toute sa puissance dans un climax haletant par son aspect malsain au possible. Le final en devient Shaksperien (et un peu Darwiniste aussi : manger ou être mangé, les fondements de l'évolution, de la supériorité sur l'autre) et arrive à concilier avec justesse une tragédie grecque et un western épique. Une vraie leçon de cinéma, rare et précieuse.
VORACE s'emploie consciencieusement (et avec une maîtrise sidérante) à mettre en valeur les enjeux de son script. Transformant ce qui, en d'autres mains, aurait pu n'être qu'un simple film d'aventures, en un incroyable crescendo dramatique et viscéral (la tension ne retombe JAMAIS, 1h40 durant). Comment ? Grâce à son incroyable mise en place (les regards échangés entre Guy Pearce et Robert Carlyle font partie des plus intenses jamais vus sur un écran de cinéma), qui concilie à merveille efficacité et sensibilité. Le spectacle, tendu et impressionant, aurait pu étouffer le script par une déferlante d'ultra-violence. Il n'en est rien. Et c'est là que VORACE exprime toute sa singularité, qu'il retrouve une certaine idée de pur cinéma qu'on croyait disparue depuis les western les plus abstractifs. Il ne faut pas plus à Antonia Bird qu'une simple image (le poignard planté avec violence sur la table, séparant à l'image deux protagonistes capitaux), un simple dialogue ("Ce n'est pas courageux de me résister Boyd, ce qui est courageux c'est de m'accepter"), une simple musique pour faire exploser les enjeux du script. Le résultat relève du tour de force. Un film magistral, qui ne cesse d'étonner vision après vision. Croyez-en quelqu'un qui l'a déjà vu 22 fois !
Bon appétit !
Image ci-dessous : "On m'a dit : "la montagne, ça te gagne" ! Mais on m'avait pas prévenu que les sport d'hiver, ça te perd ! J'suis où ?!?"
