Bon, il fallait bien en arriver là. Où donc ? Eh bien à critiquasser un VRAI chef-d'oeuvre (VORACE, c'est bien gentil, LES SUPER NANAS aussi, mais bon...ça manque un peu de sérieux tout ça...). Un classique qui a su s'imposer comme tel à plusieurs niveaux. Les catégories sont donc les suivantes : meilleur film :
-de guerre
-sur le Viet-Nam
-de la filmographie de son auteur
-de mon top 10 personnel depuis mai 2002.
APOCALYPSE NOW
de Francis Ford Coppola
Date de sortie : 26 septembre 1979
Redux : 2001
Synopsis :
Cloîtré dans une chambre d'hôtel à Saigon, le jeune Capitaine Willard (Martin Sheen) erre entre les bouteilles d'alcool et les vapeurs de joints, obsédé par la jungle Viêt Namienne, attendant une mission. C'est le général Corman qui lui confie cette dernière, qui doit rester secrète. La cible de Willard : tuer le Colonel Kurtz (Marlon Brando), déserteur de l'armée américaine, devenu l'égal d'un Dieu pour les autochtones, excerçant ses pleins pouvoirs d'une manière « malsaine ».
avant de devenir une descente aux
Enfers
Let's Criticize
Contant d'une manière crue mais abstractive le quotidien de la Guerre du Viet Nam, Coppola offre un nouveau cinéma, quelque chose qui jette de manière définitive les bases du cinéma actuel, où action et sentiments se mêlent avec une intelligence impressionante, lucide. Une lucidité rare, délivrée par les divers acides que le réalisateur a su utiliser, de façon expérimentale, pour faire de ce film un chef d'½uvre ultime, définitif.
La folie de Willard est en fait la construction directe de son voyage initiatique, lequel, au travers des étapes que le Capitaine américain franchira, se révelera être l'acceptation imagée de son « moi » le plus profond. Acceptation graduelle donc, qui trouve un point d'orgue tout simplement admirable dans le final le plus explicite (tant au niveau visuel qu'auditif) de l'Histoire du Cinéma. Baignant dans une lumière déique, le héros s'approprie l'âme de son ennemi, qui est néamoins le reflet de son futur. Une osmose malsaine, puissante, lyrique et psychédélique entre ces deux personnages donne à ce film une dimension spirituelle jamais portée à l'écran.
Les reflexions psychologiques n'étant qu'un des aspects de cet Opéra de la Violence qu'est APOCALYPSE NOW, Coppola a su faire de ce film une ½uvre résolument engagée quant aux évènements de la Guerre du Viet Nam, au souffle historique inégalable (voir la scène de la plantation française dans la version Redux : une vraie leçon, qui explique de façon ludique le cheminement effectué depuis les origines du conflits jusqu'aux millions de morts vietnamiens), au montage simplement juste (montage qui aura tout de même duré 2 ans !!), à l'aura cinématographique resplendissante, inégalable. Une oeuvre majeure, culte, et définitivement passée à la postérité (le personnage de Kilgore reste mémorable –« J'aime l'odeur du Napalm, le matin »).
Bref, on ne peut pas dire que ce film soit juste un film, mais plutôt qu'il est LE film : une justification intemporelle du 7e Art, un héritage cinématographique, tout simplement parfait.
Apocalypse Now, what else ?



