"L'Horreur...! L'Horreur...!"=> Critique de Apocalypse Now

"L'Horreur...! L'Horreur...!"=> Critique de Apocalypse Now
Image ci dessus : "Après avoir buté quelques Viêts dans la Jungle, rien ne vaut un bon sauna, bien mérité... ADRIANNE !"


Bon, il fallait bien en arriver là. Où donc ? Eh bien à critiquasser un VRAI chef-d'oeuvre (VORACE, c'est bien gentil, LES SUPER NANAS aussi, mais bon...ça manque un peu de sérieux tout ça...). Un classique qui a su s'imposer comme tel à plusieurs niveaux. Les catégories sont donc les suivantes : meilleur film :

-de guerre
-sur le Viet-Nam
-de la filmographie de son auteur
-de mon top 10 personnel depuis mai 2002.

Bon, pour les ignorants, je veux bien sur parler de
APOCALYPSE NOW
de Francis Ford Coppola

VOIR L'INTRO
(Oui, vous avez le droit de vous prosterner)


Date de sortie : 26 septembre 1979
Redux : 2001


Synopsis :

Cloîtré dans une chambre d'hôtel à Saigon, le jeune Capitaine Willard (Martin Sheen) erre entre les bouteilles d'alcool et les vapeurs de joints, obsédé par la jungle Viêt Namienne, attendant une mission. C'est le général Corman qui lui confie cette dernière, qui doit rester secrète. La cible de Willard : tuer le Colonel Kurtz (Marlon Brando), déserteur de l'armée américaine, devenu l'égal d'un Dieu pour les autochtones, excerçant ses pleins pouvoirs d'une manière « malsaine ».

L'exécution de cette ultime quête sera pour Willard une descente dans les tréfonds de son âme...
avant de devenir une descente aux
Enfers



Let's Criticize

Inspiré de la nouvelle de Joseph Conrad (Heart of Darkness, 1890) et du témoignage de Michael Herr (Dispatches), APOCALYPSE NOW est, avant d'être un film de guerre, un film humain, définissant, à travers les épreuves vécues par le Capitaine Willard et sa clique, la Folie. La vraie Folie, qui n'a jamais trouvé plus belle place que sur les écrans du monde, lors de sa sortie en 1979 et de sa version Redux sortie en 2001.
Contant d'une manière crue mais abstractive le quotidien de la Guerre du Viet Nam, Coppola offre un nouveau cinéma, quelque chose qui jette de manière définitive les bases du cinéma actuel, où action et sentiments se mêlent avec une intelligence impressionante, lucide. Une lucidité rare, délivrée par les divers acides que le réalisateur a su utiliser, de façon expérimentale, pour faire de ce film un chef d'½uvre ultime, définitif.
La folie de Willard est en fait la construction directe de son voyage initiatique, lequel, au travers des étapes que le Capitaine américain franchira, se révelera être l'acceptation imagée de son « moi » le plus profond. Acceptation graduelle donc, qui trouve un point d'orgue tout simplement admirable dans le final le plus explicite (tant au niveau visuel qu'auditif) de l'Histoire du Cinéma. Baignant dans une lumière déique, le héros s'approprie l'âme de son ennemi, qui est néamoins le reflet de son futur. Une osmose malsaine, puissante, lyrique et psychédélique entre ces deux personnages donne à ce film une dimension spirituelle jamais portée à l'écran.
Les reflexions psychologiques n'étant qu'un des aspects de cet Opéra de la Violence qu'est APOCALYPSE NOW, Coppola a su faire de ce film une ½uvre résolument engagée quant aux évènements de la Guerre du Viet Nam, au souffle historique inégalable (voir la scène de la plantation française dans la version Redux : une vraie leçon, qui explique de façon ludique le cheminement effectué depuis les origines du conflits jusqu'aux millions de morts vietnamiens), au montage simplement juste (montage qui aura tout de même duré 2 ans !!), à l'aura cinématographique resplendissante, inégalable. Une oeuvre majeure, culte, et définitivement passée à la postérité (le personnage de Kilgore reste mémorable –« J'aime l'odeur du Napalm, le matin »).


Bref, on ne peut pas dire que ce film soit juste un film, mais plutôt qu'il est LE film : une justification intemporelle du 7e Art, un héritage cinématographique, tout simplement parfait.

Apocalypse Now, what else ?

Note : 20/20

Pierre

# Posté le lundi 29 octobre 2007 11:03

Modifié le lundi 14 janvier 2008 15:14

Laideur et décadence ==> Critique de 2H37

La vie est injuste, c'est un fait. Pendant que je me les gèle à Toulouse dans un cybercafé où le vent glacial a élu domicile, Môssieur Pierre, bien au chaud chez lui à Nîmes, en profite pour inaugurer la 2nde page du blog. T'as quelque chose contre LES SUPER NANAS ? T'en veux du "film sérieux" ?? Je vais t'en donner, coco. Et puisque tu m'as énervé, je vais parler d'un qui m'a bien mis en boules, niark niark ! >:)

2H37, de Murali K. Thalluri


Date de sortie : 29 novembre 2006

Synopsis

2h37. Le corps d'un adolescent est retrouvé dans les toilettes du lycée. Le film remonte alors le temps pour suivre le début de journée de six lycéens et tenter de faire la lumière sur ce qui s'est passé.



Entamé comme un faux documentaire et poursuivi par la quête de vérité sur le suicide d'un adolescent au coeur même de son lycée (sans savoir lequel de ces ados s'est donné la mort), 2H37 se verrait bien (malgré lui ou pas, peu importe), comme une version hardcore d'ELEPHANT. "Vous avez eu peur avec Gugus ? Vous tremblerez avec moi !", serait le slogan idéal de cet immondice. Suivant les chemins croisés de divers personnages (des clichés sur pattes qui font baisser notre degré d'empathie en dessous de zéro), et imitant les procédés de mise en scène du petit classique de Gus Van Sant, 2H37 se plante sur tous les tableaux, traite des sujets les plus délicats avec la finesse d'un hippopotame, ose des retournements de situation injustifiables, le tout pour s'achever sur LA séquence de l'insoutenable : là où une ellipse pudique aurait été profitable, le réalisateur montre le désespoir dans tout ce qu'il a de plus repoussant. 2H37 finit sa course dans la complaisance la plus crasse, où l'on voit une pauvre gamine (ou un pauvre gamin, je veux pas gâcher le twist malsain si vous voyez le film un jour), assis(e) sur le sol, versant des litres de larmes en approchant une paire de ciseaux de son poignet, avant de s'ouvrir les veines dans un petit geyser de sang qui pourrait au moins être ridicule s'il n'était pas aussi insistant et affreusement réaliste. Nous resterons bien sûr aux côtés de la victime jusqu'à son dernier souffle, dans une flaque d'hémoglobine froide amoureusement cadrée. En deux mots, 2H37 soulève le coeur au lieu de le faire chavirer. Douteux, gerbant, et bien pire qu'irresponsable : toxique.

En résumé : une arme de destruction massive contre la délicatesse et le bon goût. Par pitié, fuyez...

Note : 5/20

Guillaume


Laideur et décadence ==> Critique de 2H37

# Posté le lundi 29 octobre 2007 12:39

Modifié le samedi 12 janvier 2008 10:20

Souvenirs et regrets ==> Critique de La tête de maman

Parlons d'un film un peu plus récent pour changer. Un film qui reste l'un des plus belles surprises de cette année, ou quand légèreté et gravité se conjuguent à merveille...

La tête de maman, de Carine Tardieu




Date de sortie : 28 mars 2007

Synopsis

Y'a 20 ans de ça, quelques années avant ma naissance, Maman a aimé un gars.
Y'a 20 ans de ça, ils ont été séparés et ce con-là, quand il est parti, il a emporté avec lui le sourire de ma mère.
Faut que je le retrouve, faut qu'il le lui rende. Sinon, moi, je meurs.
Lulu, 15 ans.



Le film commence sur un gros plan de la magnifique Chloé Coulloud, suivi d'un autre (le garçon qui est en face d'elle). Une nano seconde après que le beau gosse ait osé prononcer "Lucile...?", il se recoit un gros coup de poing dans les gencives. Petite ellipse de 3 minutes, et on les retrouve en train de se battre à terre comme des chiffonniers. "Je m'appelle Lucile, mais mes parents se sont plantés à ma naissance, j'ai pas un caractère gentil. On m'appelle Lulu, et le premier qui ose m'appelle Lucile je le défonce". La voix-off est ici la meilleure amie d'un spectateur déjà aux anges. Lulu est jeune, Lulu est en crise, et donc Lulu est géniale. Son plus gros problème ? Sa mère. Une poche de dépression qui se balade avec la grâce d'un fantôme sous Lexomil, le teint blafard et le regard (dans le) vide. Faut la comprendre : elle à les intestins qui défaillent, et ça fait bien 15 ans que ça dure. D'où un certain ressenti de la part du père de famille (Pascal Elbé, phénoménal), dont la douceur apparente ne laisse jamais entrevoir les trésors de patience que cet homme déploie. Lulu en à marre, en veut à sa mère, l'insulte, l'imagine morte, bref ne pige pas pourquoi elle passe des heures sur le banc du jardin, à réfléchir. Ce n'est que lors de la découverte d'une photo de sa mère (jeune et souriante, donc méconnaissable) et de la bande vidéo qui l'accompagne, où on la voit faire des galipettes avec son amoureux d'alors, que Lulu croit avoir compris la situation. Maman est chiante, elle va très bien, mais attend que son amour perdu vienne frapper à la porte de la maison. "Je vais le retrouver". Et elle le retrouve. Le bonhomme (Kad, épatant, comme toujours) bosse dans un zoo. "Qu'est-ce qu'il a pris dans la gueule en 20 ans !! Faut que maman voit que c'est devenu un gros naze et elle arrêtera d'y penser...". Pendant que Lulu cherche un stratagème pour les réunir, Carine Tardieu use de sa caméra...pardon, de sa baguette magique pour faire décoller au 7ème ciel cette comédie d'un autre monde : avec son obstination à bannir les champs-contrechamp et à s'évader à tout prix du carcan préétabli du film dit "d'auteur", la réalisatrice cisèle un pur bijou à l'inventivité visuelle sidérante. Même lorsque le film menace de tomber dans les clichés au travers du personnage de la mère, l'interprétation de Karin Viard rattrape tout en un seul regard, une seule démarche hésitante. Et alors qu'on tente d'empêcher un déchirement des zygomatiques doublé d'une inondation du globe oculaire, La tête de maman s'achève sur un non-dit bouleversant, sur un "Je t'aime" d'une émotion aussi intense que contenue, capable de renverser le plus endurci des cinéphiles. Bon voyage...

Note : 16/20


Guillaume


Photo ci-dessous :
"Ma maman, mon papa...et moi ! Eh ben, faites pas la gueule ! On est pas bien, là ? Miaaaaou !"
Souvenirs et regrets ==> Critique de La tête de maman

# Posté le mardi 30 octobre 2007 09:37

Modifié le mercredi 16 janvier 2008 10:44

"...Et voilà comment j'ai tué Jesse James" => Critique de The Assassination of Jesse James By The Croward Robert Ford.

"…Et voilà comment j’ai tué Jesse James" => Critique de The Assassination of Jesse James By The Croward Robert Ford.
Image ci-dessus : "Dans les champs de blé, personne ne vous entend flatuler"



Comme vous le savez, nous, on aime le cinéma, et dans le cinéma, il existe les westerns. Vorace que je suis (warf ! warf ! bis), j'ai eu dernierement l'occasion d'en voir pas mal, et nottament l'occasion de visionner le dernier bijou du western américain. Un vrai chef d'½uvre, qui a la beauté de ne pas s'inscrire dans un registre classico-classique (cf Vorace).
Pour ceux qui ne voient pas l'allusion, il s'agit du deuxième film d'un réalisateur plutôt obscur, répondant au doux patronyme d'Andrew Dominik :

The Assassination of Jesse James by the Croward Robert Ford
...ou comment saboter d'une bien belle manière la plus grande légende de l'histoire des USA.
Rien que ça.


Date de Sortie : 10 Octobre 2007

Synopsis

Jesse James fut l'une des premières superstars américaines. On a écrit d'innombrables livres et récits sur le plus célèbre hors-la-loi des Etats-Unis...avec un souci tout relatif de la vérité. Ceux que Jesse James pilla, ceux qu'il terrorisa et les familles de ceux qu'il tua ne virent en lui qu'un criminel.
Homme du sud, ancien guérillero, Jesse aurait agi au nom d'une cause : se venger de l'Union qui avait gâché sa vie avant de le marquer dans son corps. Ses concitoyens, de plus en plus urbanisés, de plus en plus coincés et réduits à une vie d'une désolante banalité, voyaient en lui le dernier des aventuriers. Un mythe vivant.
Robert Ford était l'un des plus ardents admirateurs de Jesse. Ce jeune homme idéaliste et ambitieux rêvait depuis longtemps de partager les aventures de son idole. Il était loin de prévoir qu'il allait devenir l'intemporel "sale petit lâche" qui tuerait Jesse James dans le dos.
Mais qui fut vraiment Jesse James, au-delà de la légende ? Et qui fut ce Robert Ford qui réussirait à l'abattre ? Que se passa-t-il entre eux durant les jours et les heures précédant ce fatal coup de feu ?


Let's Criticize :

Ah ! Quel titre ! Rien de plus annonciateur que celui ci, et rien de plus tentant que d'aller voir dans le cinéma le plus proche qui était vraiment l'homme sous la légende... un titre cachant bien le jeu d'un film à double tranchant, qui conserve la lenteur d'une valse à deux temps, une valse entraînée par le chant de l'amour, de la mort, de la vengeance... et d'autres sentiments, intervertissants les performances dans un métrage trop vite entiché par les médias de deux classifications simplistes ; à savoir : biopic sur Jesse James, et Western.
Que nenni. Le film est avant tout une litanie sur l'admiration que le jeune et ambitieux Robert Ford voue à son légendaire modèle, une interrogation sur la vie et l'être, une version moderne, lucide et réaliste de l'acte du mythologique ¼dipe, une révision de Brutus assassinant Cesar.
Le geste de Ford, évoqué dès le titre, est en fait le passage symbolique à l'âge adulte, le résultat d'un affrontement brutale des réalités de la vie et des déceptions juvéniles.
Réhabilitant à la façon d'un documentaire (le geste de) Robert Ford, Andrew Dominik nous offre donc un western psychologique intense, en gardant le maximum de distance envers ses personnages, de façon à jouer sur l'ambiguité des deux protagonistes principaux : Jesse James, Robin des Bois des temps modernes, ou simple criminel assoiffé de sang ? Robert Ford, couard ou héros ?
A chacun de trancher après avoir profité de ces 2h40 de pur génie, qui passent comme du beurre tant la trame narrative est captivante, le jeu d'acteurs, époustouflant (Brad Pitt dans un de ses très grands rôles, incarnant avec classe la paranoïa et la grandeur, Casey Affleck nous révèlant tout son génie dans une interprétation virtuose du "plus grand couard des USA").
Mama mia ! Autre aspect marquant de ce film fascinant : les cadres, confèrant aux paysages un aspect inquiétant, presque solennel, car magnifiquement gérés, dans la plus pure tradition de JEREMIAH JOHNSON.


Pour conclure, ce film est un vrai bijou du western, une perle à 2000 carats, qui hisse définitivement Andrew Dominik au rang des très, très grands réalisateurs.
Répondons donc à cette question : L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD est il un chef d'½uvre ?


Oui, c'est incontestable.

Note : 18/20

Pierre

# Posté le samedi 03 novembre 2007 06:43

Modifié le mardi 15 janvier 2008 11:23

"..." => Critique de Arsene Lupin

Il y a des films comme ça... des films qui nous laissent un seul sentiment après les avoir visionné : un certain...goût de caca. Le film que je vais critiquer m'offre ici la possibilité de péter un record sur le blog : celui de la critique la plus courte.

Il y a un dicton qui dit qu'il vaut mieux une critique courte mais bonne qu'un film long mais inutile (non, j'déconne, c'est moi qui l'ai inventé !!) : c'est donc ce que je vais tenter de faire.

Arsene Lupin
de Jean Pierre Salomé


Date de Sortie : 13 Octobre 2004

Synopsis :

Voilà les petites aventures frétillantes d'Arsène Lupin, voleur de profession.

Critique express :

Comment peut on faire ça ? Comment peut on dépenser aussi mollement le budget d'une telle production, donner à un film populaire une telle touche de vicelardise infecte ; gâcher un casting anthologique à cause de réplique nazbroques au possible ? Comment ? Et bien la réponse, je l'ai ! En mettant sur un script merdique un réalisateur mauvais et des acteurs normalement bon qui ont décidés de prendre des vacances le temps d'un film (et quel film ! La honte du cinéma français !) et qui croient autant à leurs textes qu'un mécréant au paradis (je vous l'accorde, l'image est mal choisi, quoique...) : tout est mauvais dans ce "film", que ce soit les ralentis clinquants ou les décors prétentieux, les situations grotesques et le jeu tout simplement dégueulasse du trio de tête. Un vrai vomi sur pellicule qui ferait presque passer Ed Wood pour un monstre sacrée de l'Âge d'Or Hollywoodien. Toxique, prétentieux, visuellement immonde et en total négation avec son art, Arsène Lupin ne peut se trouver qu'un seul qualficatif digne de sa nulité :
ATROCE

Note : 1/20 (et encore, je suis gentil)

Pierre

Image ci-dessous : "Hep, Taxi, je...
-J'AI FINI MA JOURNEE ET C'EST PAS MA DIRECTION !!!"
-Connard !"
Cataclop, cataclop...
"..." => Critique de Arsene Lupin

# Posté le samedi 03 novembre 2007 14:35

Modifié le lundi 14 janvier 2008 15:05