"Dis-moi maman, y a quoi au fond des toilettes ? Demande donc à Mark Steven Johnson, mon chéri..." ==> Critique de Daredevil

Oui, je sais, ça la fout mal d'avoir cette chose sur le blog, mais il faut bien parler de ce qu'on aime ET de ce qu'on aime PAS. Donc ne faisons pas les choses à moitié, et allons faire un petit tour dans le dossier "Hontes du siècle". Et le gagnant est...

Daredevil, de Mark Steven Johnson

(attention aux effets secondaires : vomissements, crises d'épilepsie, éclats de rire, consternation, etc...)


Date de sortie : 19 mars 2003

Synopsis

Avocat le jour, super-héros la nuit, Matt Murdoch possède une ouïe, un odorat, une force et une agilité incroyablement développés. Bien qu'il soit aveugle, son sens radar lui permet de se diriger et d'éviter le moindre obstacle. Inlassablement, cet être torturé arpente les rues de New York à la poursuite de criminels en tout genre qu'il ne peut punir au tribunal.
Daredevil aura à affronter Kingpin, alias Le Caïd, qui dirige d'une main de fer la mafia new-yorkaise, ainsi que son homme de main Bullseye, alias Le Tireur.


Ridiculus !

Disons-le tout de suite, car ça soulage : malgré les nombreux "efforts" faits dans le domaine (Blade Trinity, Catwoman, Les 4 fantastiques et sa suite), Daredevil reste le modèle indétrônable en matière de comic-book movie foireux. On dit de certains films qu'ils sont ratés, nuls, nazes, pourris... Daredevil se situe un cran en dessous. Oui, même en le revoyant en version originale tranquillou chez soi, un orangina dans chaque main, impossible de trouver la moindre qualité à ce nanar grabataire, jamais suffisament nul pour en devenir marrant. La lumière ? En total porte-à-faux avec les effets spéciaux. Les acteurs ? Aussi expressifs que des endives sous hypnose. Les décors ? Ils essaient de se la jouer Spider-Man (voir le générique d'ouverture) mais ne sont jamais mis en valeur, comme c'est dommage. Le scénario ? Juste honteux. Les personnages ? Au mieux, pathétiques, au pire, ridicules. Les SFX ? Jamais convaincants, et sans affects. L'histoire ? D'une vacuité inouïe...

Sincèrement, la liste est longue. Un tel étalage de connerie et d'erreurs est extrêmement rare. Si Ben Affleck fait de la peine, ce n'est rien à côté de ce pauvre Colin Farell, qui tue une vieille avec une cachuette (véridique!), totalement à l'ouest dans le rôle du Tireur. Même Michael Clarke Duncan ne peut sortir la tête haute du traitement infligé à son personnage, tout sauf impressionant. Filmé sans une once d'énergie, se reposant entièrement sur l'aspect sombre du comics sans en assumer les partis-pris, anti-spectaculaire au possible et totalement parasité par une réalisation qui aligne les choix les plus catastrophiques sans se poser de questions, Daredevil est peut-être l'un des pires films jamais réalisés. Car même s'ils ont visé un public peu concerné par ce qu'il regarde (les moins de 13 ans, comme l'indique la censure du film aux USA), il y a une différence entre un "produit calibré" et une bouse de ce genre. Daredevil, ou comment se faire un max de pognon (car oui, le film a eu du succès !!!!) en laissant chacun faire le travail de l'autre. Malheureusement, il semble que tout le monde ait eu la même idée. Triste.


En résumé : un calvaire de chaque instant, un grand moment de souffrance pour les yeux, les oreilles...et le vendeur à la caisse du ciné, torturé à la tenaille à la sortie du film pour ne pas m'avoir averti.

Note : 4/20

Guillaume

Photo ci-dessous : en prenant une loupe, vous pouvez lire "Tous droits résevés" en dessous de l'image. Forcément, ils ont dû réaliser après coup que c'était un peu la honte ce film...Yeah Colin, disco style, t'as tout compris ! ^^

"Dis-moi maman, y a quoi au fond des toilettes ? Demande donc à Mark Steven Johnson, mon chéri..." ==> Critique de Daredevil

# Online seit Samstag, 03. November, 2007 um 14:56

Geändert am Sonntag, 16. März, 2008 um 08:32

Psychedelic thaï movie ==> Critique des Larmes du Tigre Noir

"Meuh qu'est-ce que c'est qu'ce truc ??" est la réaction la plus légétime face à un tel OVNI filmique, et c'est normal : ce film-là ne ressemble à aucun autre. Et il a bien raison !

Les larmes du Tigre Noir , de Wisit Sasanatieng



Date de sortie : 25 décembre 2002

Synopsis

En Thaïlande, au siècle dernier, une douce passion unit deux jeunes gens. Depuis leur enfance, Rumpoey, une fille de bonne famille, et Dum, un campagnard timide, n'aspirent qu'à vivre une belle histoire d'amour, mais le sort en décide autrement.
Des années plus tard, bien des choses ont changé. Dum est devenu le redouté Tigre Noir, un brigand à la solde du terrible Fai, et Rumpoey doit, contre son coeur, se fiancer au séduisant capitaine Kumjorn. Pourtant, leur amour n'est pas mort. Rumpoey est restée fidèle, et jamais Dum n'a trahi son honneur.
Lors d'une attaque contre le quartier général de Fai, le capitaine Kumjorn est fait prisonnier. Par respect pour Rumpoey, Dum lui laisse la vie sauve. Le jeune homme ignore que son geste va déclencher un engrenage infernal...



Premier film thaïlandais à être présenté au prestigieux Festival de Cannes, Les larmes du tigre Noir est un cas. Totalement indéfinissable, il navigue à contre-courant des modes avec une nonchalance étonnante. Mais qu'est-ce donc ? Un western ? Oui. Une histoire d'amour ? Absolument. Une série B ? Il y a de ça aussi. Un joyeux bordel ? NON !! Et pourtant, il y a de quoi halluciner devant les mille et une saveurs offertes par ce petit bijou. Tendre, drôle et violent, Les larmes du Tigre Noir est bien plus qu'un délire kitsch. C'est une remarquable prouesse visuelle, en même temps qu'une déclaration d'amour au cinéma. Un cinéma déjanté, bardé de couleurs, fou, généreux mais toujours sincère et jamais puéril. Un cinéma qui n'a pas peur d'en faire trop, tout en connaissant ses limites. Bref, un cinéma qui a tout compris à la notion d'imagination. Il est bien difficile de poser des mots sur des images aussi riches et uniques, sur des situations aussi absurdes et réjouissantes... Il faut le voir pour le croire, et même la géniale bande-annonce ne peut rendre justice à un tel prodige !

Les larmes du Tigre Noir est un film unique, dont la naïveté revendiquée ne fait que le rendre encore plus attachant. Un véritable récit épique, ponctué de quelques piments gores et d'instants de grâce sublime. Caustique et décalé, le film sait l'être aussi, pour mieux rebondir la minute suivante sur une scène monumentale, sorte de Horde sauvage cartoonesque aussi dingue que spectaculaire. Et le plus beau dans tout ça, c'est que le réalisateur soit parvenu à tisser de vrais rapports humains entre des êtres de chair et de sang. Ainsi, entre deux coups de feu, tout est possible, y compris la naissance d'un triangle amoureux qui propulsera tout le reste du film vers des sommets de romantisme. Oui, il s'agit bien-là d'un film fou, bariolé et pourtant si sûr de lui. Une cure de jouvence pour n'importe quel cinéphile blasé, et une date dans l'histoire du cinéma thaï...voire du cinéma tout court. Démentiel, unique et totalement immanquable !!


En résumé : inracontable, bourré d'audace, Les larmes du Tigre Noir ne recule devant rien, pas même quelques effets gores bienvenus ni sa candeur assumé. Et le pire, c'est que ça marche ! Un régal.

Note : 15/20

Guillaume




Psychedelic thaï movie ==> Critique des Larmes du Tigre Noir

# Online seit Sonntag, 04. November, 2007 um 13:55

Geändert am Montag, 14. Januar, 2008 um 10:50

Songes sous surveillance ==> Critique de Paprika

Encore un film génial et méconnu, sorti il y a tout juste un an. Une petite merveille d'imagination et d'intelligence, mais qui demande de sévèrement se torturer les méninges !

Paprika , de Satoshi Kon

VOIR LA BANDE ANNONCE

Date de sortie : 6 décembre 2006

Synopsis

Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l'inconscient.
Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l'un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs.


Réalités du cauchemar ou cauchemar de la réalité ?

Satoshi Kon a une fascination pour le rapport entre rêve et réalité. Sujet déja exploré dans l'excellent Perfect blue, et poursuivi avec brio dans Millenium actress. Délaissant le superbe académisme (le mot est mal choisi, mais les oeuvres de Kon sont si déstabilisantes qu'il est difficile d'en parler) propre à ses précédents travaux, le réalisateur semble décidé a mettre un terme a son exploration. Anti-conformiste comme il l'est, l'homme nous surprend une fois de plus par sa manière de prendre en compte l'espace et le temps. Là où des films atypiques se soldaient en fermant toutes les portes de leur intrigue (Matrix revolutions, par exemple), Kon décide de toutes les enfoncer, laissant une multitude de possiblités quand à la suite des évènements, ce qui implique un scénario forcément tordu et tortueux a loisir, et des personnages totalement imprévisibles. On parle souvent du manque de liant entre le fond et la forme lorsque l'on evoque un mauvais film de SF (Aeon Flux et Ultraviolet, pour citer deux casseroles récentes). Qu'à cela ne tienne, Kon les fera fusionner, jusqu'a provoquer une surcharge d'images qui frole trés souvent la saturation. Défaut ? Absolument pas, c'est la un gage de qualité qui assure au film une richesse visuelle illimitée, ainsi qu'une foule de thèmes qui ont tous le temps d'etre abordés avec sérieux et intelligence (la duperie, le danger de la haute technologie, l'utilisation de l'art a des fins malveillantes, la psychanalise, l'étude de caractères et j'en passe... eh oui, tout ca en 1h29 !). C'est à une véritable danse entre les arts que nous convie Paprika et, quitte à sortir une évidence, à un reve éveillé.

Passant d'un décor de cirque à celui d'une jungle puis à un train lancé à pleine vitesse, multipliant les péripéties avec une évidence confondante, Paprika porte la marque d'un auteur plus que jamais obsédé par les zones d'ombre de notre cerveau, qu'elles contiennent les rêves les plus innocents ou les cauchemars les plus terrifiants. D'ailleurs, à la question "Que se passerait-il si l'on ne savait plus distinguer les songes du monde réel ?", Paprika apporte une réponse sans équivoque lors d'un final dantesque, qui évoque à la fois le dernier tiers de Princesse Mononoké, où la nature reprenait ses droits en créant un nouveau Big Bang, et la conclusion magistrale d'Akira de Katsuhiro Otomo (rien que ca !). En un dernier quart d'heure d'une éblouissante maestria plastique et technique, Satoshi Kon ne fait pas qu'entériner son statut d'auteur majeur, mais passe directement à celui de réalisateur visionnaire. Au meme titre que Stanley Kubrick, Steven Spielberg, Mamoru Oshii et Alfonso Cuaron. Mais qu'on ne s'y trompe pas, cette déclaration d'amour paroxystique n'est adressée ni aux intelligences supérieures, aux philosophes ou meme aux mangakas...mais au cinéma. Les cinéphiles qui croient encore que l'imaginaire peut repousser les frontieres ont trouvé là un nouveau tremplin, qui frappe cent fois plus fort que Millenium actress !


En résumé : une vertigineuse plongée en apnée dans l'univers de Satoshi Kon, ici totalement obsédé par les dangers de la haute technologie et les simulacres de l'esprit, sur laquelle plane l'ombre de Philip K. Dick. Un futur classique du genre.

Note : 16/20

Guillaume

Photo ci-dessous :
"Elle est à moi !"
"Non, A MOI !!!"
"NON, A MOI !!!!"
Songes sous surveillance ==> Critique de Paprika

# Online seit Mittwoch, 07. November, 2007 um 09:11

Geändert am Samstag, 12. Januar, 2008 um 10:53

Interlude musical

Impossible de passer à côté ! Vous souvenez-vous de l'émission Fort Boyard, qui fit la gloire de la chaîne France 2 le samedi soir ? Personnellement, il y a bien longtemps que je ne la regarde plus, mais certains des membres de l'équipe se sont renconvertis. Dans le lot, on trouve ce brave Passe-partout, qui croyait faire un tube (écoutez-bien les paroles, ca vaut de l'or). Résultat : une honte au moins aussi monstrueuse que le Cuitas les bananas de Philipp Risoli, haut la main !

Guillaume

# Online seit Mittwoch, 07. November, 2007 um 13:17

Geändert am Sonntag, 18. November, 2007 um 16:51

Regarde les hommes courir ==> Critique de Blood diamond

Recherche activement nouveau collègue de blog !! Plus sérieusement, il semble que Pierrot ne soit pas très en forme, vu qu'il n'écrit PLUS RIEN !! Flemmard, va... Donc du coup, j'en profite pour dire deux mots sur le dernier effort d'Edward Zwick :

Blood diamond


Date de sortie : 31 janvier 2007

Synopsis

Alors qu'il purge une peine de prison pour ses trafics, Archer rencontre Solomon Vandy, un pêcheur d'origine Mende. Arraché à sa famille et forcé de travailler dans les mines diamantifères, ce dernier a trouvé - et caché - un diamant rose extrêmement rare. Accompagnés de Maddy Bowen, une journaliste idéaliste, les deux hommes s'embarquent pour un dangereux voyage en territoire rebelle pour récupérer le fameux caillou. Un voyage qui pourrait bien sauver la famille de Salomon et donner à Archer la seconde chance qu'il n'espérait plus.


Blood diamond est un film chargé , qui porte sur ses solides épaules une responsablité assez ahurissante pour une grosse prod hollywoodienne. Là où le choix d'un réal comme Ed Zwick (le bien mauvais Couvre feu) pouvait faire fuir , l'homme nous rappelle méchamment , dès sa première séquence , qu'il vaut bien mieux que le statut de "gentil faiseur" qu'on lui accorde généralement. Bien loin de la sobriété un peu envahissante d'un Constant Gardener et de l'humour cynique dévastateur d'un Jarhead , Blood diamond lorgne vers le cinéma épique et grandiose , balayant d'un revers de manche tous les travers de l'horrible contexte de son histoire , en s'assurant bien que toute la violence et l'impartialité du propos nous explose en pleine gueule. Comment ? Grace à une mise en scène d'enragé , à un casting 47 étoiles et un souffle , une énergie , un dynamisme implacable. Car s'il semble ouvert à toutes les discussions et toutes les critiques , Blood diamond réussit l'exploit d'être inattaquable sur tous les fronts ! Alors bien sûr , quelques intellos qui ont oublié qu'ils sont au cinéma et pas devant un flash info accuseront Zwick de nous avoir balancé un colis piégé (on tient-là le film politique le plus acide depuis Lord of war !!) , mais , malgré la rage qui l'anime , Zwick s'est fixée la ligne directrice idéale , et s'y embarque corps et bien du début à la fin.
Le début , c'est une course effrenée , celle de Djimon Honsou (enfin remis de The Island) , dont le moindre geste est cadré avec une aisance et un impact démentiel : on ressent physiquement la souffrance qu'il endure ainsi que le chaos qui surgit aussi brutalement dans la vie de ce pauvre pêcheur que le diamant gros comme le poing dont il va faire sa propriété , menace de mort pour les uns (ceux qui se mettent en travers du chemin de l'un ou l'autre camp adverses) , promesse de vie pour les autres (Di Caprio , génial comme d'hab) , les deux pour Hounsou et sa famille. Bien plus qu'une haletante course poursuite à ciel ouvert (directeur de la photographie , qui que tu sois , je m'incline) traversé de fulgurances barbares et scotchantes (les nombreuses scènes d'action , réalistes , sèches et incroyablement immersives) , Blood diamond fait tout pour transcender la moindre parcelle de son sujet et démultiplie les enjeux dramatiques (voir le destin du fils de Djimon Honsou , particulièrement poignant , ainsi que le background du personnage campé par Di Caprio , sacrée révélation qui tombe à peine 1/2h avant la fin du film !) afin de ne jamais laisser s'échapper le spectateur. On pourra éventuellement reprocher à Zwick de tomber dans le sentimentalisme lors d'une ou deux séquences, mais le mal est déjà fait : Blood diamond est un film de réflexion et d'action inoubliable qui , même s'il n'arrive pas au degré de précision machiavélique de Lord of war, reste d'une rigueur remarquable . Une aventure époustouflante , une oeuvre à bout de bras et de souffle qui reste longtemps dans le coeur , sans oublier de laisser une note d'espoir magnifique au travers du personnage d'Hounsou , qui au terme de 2h de cris desespérés , parvient enfin à faire entendre sa voix aux oreilles du monde entier. Cet homme est d'une dignité à pleurer , et Edward Zwick un réalisateur à suivre désormais de très , très près. Pas un film : une bombe.


Note : 15.5/20

Guillaume

Photo ci-dessous : "Jamais je vous donnerai cette foutue pelle, vous entendez ?? JAMAIS !!!"
Regarde les hommes courir ==> Critique de Blood diamond

# Online seit Samstag, 24. November, 2007 um 09:48

Geändert am Samstag, 12. Januar, 2008 um 10:54