American hero ==> Critique de la Trilogie Spider-Man

La fin de l'année approchant, il va falloir se mettre à potasser les magazines pour mettre sur pied un p'tit TOP 15. J'aurais bien voulu commencer à m'occuper de ça ce week-end avec Pierrot, mais vu que Môssieur est de mariage (et croyez-vous qu'il m'aurait invité ? nooooon...), je me console comme je peux. En attendant, impossible de passe à côté de l'ami Spider-Man qui, au terme de 3 films, à redéfini la notion de plaisir au cinéma (et le premier qui a les idées mal placées, gare à lui !). Bienvenue à New-York.

Trilogie Spider-Man, de Sam Raimi

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19 juin 2002.

Une journée à priori comme les autres. C'est le cas, sauf pour les quelques dizaines de milliers de spectateurs qui se ruent en salles pour voir Spider-Man. Un budget impressionnant, un réalisateur confirmé, une campagne publicitaire efficace. Tout ce qu'il faut pour faire un succès. Erreur : c'est un déluge, un sommet, un record. Et pour cause. Plutôt que de s'attarder sur le côté purement spectaculaire de son histoire, Raimi s'embarque dans une love story intimiste. C'est bien simple, ce film vise juste à tous les niveaux. Le genre d'oeuvre qui vous laisse avec des étoiles plein les yeux. Le spectacle est total, d'une sensibilité candide mais jamais niaise. 2h d'émotion pure, d'action virevoltante et de surprises ahurissantes. Même la séquence finale tourne le dos au happy-end de rigueur pour livrer, après un climax démentiel, une séquence touchée par la grâce, d'une simplicité désarmante. Inutile de résister : tout spectateur un tant soit peu sensible fond en larmes, avant de sentir son rythme cardiaque tripler de vitesse durant un plan final somptueux, porté par le score magnifique de Danny Elfman. Et dire que ce n'était qu'un début...



14 juillet 2004

Attente insupportable que ces deux années. Terrorisé à l'idée que Raimi nous déçoive (ce qui serait logique vu le degré de qualité du premier épisode), j'entre dans la salle diffusant Spider-Man 2 avec crainte. Honte à moi. Ce deuxième volet, d'une cohérence sidérante par rapport à ce qui a précédé, a décidé de mettre tout le monde sur les rotules : c'est réussi, public et critique lui font une standing ovation. Amplement méritée d'ailleurs, tant Raimi et son équipe livrent un travail édifiant de complexité. Effets spéciaux et acteurs font plus que fusionner à l'écran, ils se confondent, se renvoient la balle avec un plaisir égal à celui que prend Sam Raimi à les filmer avec la démesure qu'ils imposent. Cet homme n'est pas un metteur en scène, mais un magicien. Il capte toutes les nuances d'un script riche et passionnant, et donne une classe, une beauté intemporelle et une dignité bouleversante à l'histoire qu'il nous conte. Grandiose, inédit et poignant, Spider-Man 2 vise en plein coeur et égale (de loin) son modèle. Préparez vos mouchoirs. Et votre ceinture de sécurité.



1er mai 2007

Jamais deux sans trois. N'y allons pas par quatre chemins (contrairement au film, qui réussit l'exploit de traiter avec une même inventivité le destin de quatres "personnes" hors du commun) : Spider-Man 3 épuise le dictionnaire des superlatifs. Si novateur, beau, osé, dingue, ambitieux, risqué, émouvant, sensible qu'il bloque tous nos reflexes. Il s'agit là d'un chef d'oeuvre absolu et immortel, qui vous possède de toutes parts de la première à la dernière image. Sam Raimi défie le ridicule dans des ruptures de ton hallucinantes, surpasse tous ses prédecesseurs en matière de films comic-book, et remplit l'écran de tableaux sublimes. C'est un état de grâce continu, un festival de scènes magiques et d'émotions fortes qui nous rapproche un peu plus de personnages qu'on pensait parfaitement connaître. Preuve est faite que la perfection existe : Sam Raimi l'a atteinte avec cette conclusion thématique idéale, bouleversant requiem et invitation au rêve d'une puissance inégalable. On en ressort terrassé, le cerveau saturé d'images resplendissantes et le coeur étreint par une émotion rare : celle d'avoir assisté à un spectacle ultime. Love you, Spidey...



Difficile de savoir vers quoi va s'orienter la carrière du grand Sam après de tels exploits filmiques. Mais l'homme nous prouvant depuis plus de vingt ans qu'il sait surprendre ses spectateurs (et ses fans) comme personne, on se dit qu'il n'a pas fini de marquer l'Histoire du Cinéma. "Vivement Evil Dead IV" ?

Notes :
Spider-Man --> 19/20
Spider-Man 2 --> 19/20
Spider-Man 3 --> 20/20


Guillaume

Photo ci-dessous :
"Peter...?"
"Oui, M.J. ?"
"Je crois...je crois que je suis enceinte !"
"Ooh, pu-tain..."
American hero ==> Critique de la Trilogie Spider-Man

# Online seit Samstag, 08. Dezember, 2007 um 11:19

Geändert am Donnerstag, 27. Dezember, 2007 um 11:41

"Tu feras attention t'as un bout de tissu qui pend, là !..." ==> Critique de 99F

A croire qu'on est enfermé dans une période "films récents" depuis quelques semaines. Et alors ? Pas toujours besoin de revenir 20 ans en arrière pour trouver de vraies claques cinématographiques. Et dans le genre "film qu'on oublie pas", 99F se pose là, et c'est rien de le dire !

99F, de Jan Kounen


Date de sortie : 26 septembre 2007

Synopsis

Octave est le maître du monde : il exerce la profession de rédacteur publicitaire. Il décide aujourd'hui ce que vous allez vouloir demain. Pour lui, "l'homme est un produit comme les autres". Octave travaille pour la plus grosse agence de pub du monde : Ross & Witchcraft, surnommée "La Ross". Il est couvert d'argent, de filles et de cocaïne. Pourtant, il doute.
Deux événements vont bouleverser le cours de la vie d'Octave. Son histoire d'amour avec Sophie, la plus belle employée de l'agence, et une réunion chez Madone pour vendre un film de pub à ce géant du produit laitier. Le doué Octave déjante alors et décide de se rebeller contre le système qui l'a créé, en sabotant sa plus grande campagne.


Un peu de laideur dans un monde de brutes

Octave adore sa vie autant qu'il déteste ce qu'il est (devenu). En révolte contre le système qu'il façonne jour après jour, il s'apparente a un ado en crise qui aurait été nommé "Roi de la lobotomie". Un monstre d'artificialité, dont on doute de la sincérité. Mais ce film n'est pas entièrement le sien. C'est celui de Frederic Beigbeder, auteur du bouquin éponyme qui fait ici trois brèves (mais hilarantes) apparitions. L'affiche, superbe, emboite le pas à quelques autres qui ont eu la bonne idée de manipuler le spectateur (de la facon la plus saine et logique qui soit) avant meme qu'il décide d'acheter son billet. En vrac, on pense à Matrix, dont le slogan était "The Matrix has you" --> "La matrice vous tient" ou "Vous etes dans la Matrice", c'est selon ; ou encore, pour citer un autre médium, Metal Gear Solid 2 -Sons of Liberty, l'un des jeux vidéos les plus passionnants jamais créés, qui est a tous les niveaux un monument en matière de manipulation ! Celle de 99F a l'audace de paraphraser son propre concept, qui pourrait se résumer par "Attention, danger : mensonge(s)". Résultat : l'étiquette présente sur la couv' du bouquin est bien présente, mais accompagné d'un texte volontairement aguicheur qui annonce la couleur. Et elle n'a justement rien a voir avec le blanc immaculé présent sur ladite affiche : génial !

Dès le départ, Kounen s'approprie le bouquin de Beigbeder et sa structure en 4 actes, en y apposant un style bien personnel. Celui d'un metteur en scène qui en a marre d'etre brimé par une bande d'analphabètes de l'image qui sapent son boulot sans se poser de questions. Qu'il nous balance en pleine face l'un des films les plus fous et inventifs du cinoche francais (Dobermann) ou qu'il offre un voyage sensoriel unique en trahissant une bd culte (Blueberry, film hermétique, trop long, mais si beau), public et critique n'y trouvent pas souvent leur compte. Un peu comme Beigbeder en somme, qui voue une haine et un dégout profond à l'univers de la pub. Si Kounen a toujours fait une petite apparition dans ses oeuvres antécédantes, le fait qu'il interprète ici Pyjaman est loin de tenir lieu de simple clin d'oeil : il fait echo à toute la charge du film, ahurissante de complaisance et de méchanceté. Octave est la parfaite incarnation des 3 principaux responsables de cette comédie cradingue : Beigbeder évidemment, mais aussi Jean Duajrdin et Jan Kounen. On peut dire que ces deux-là se sont trouvés, et ils se renvoient la balle avec un plaisir tellement evident qu'il en deviendrait presque coupable. Presque.

Inutile de s'attarder sur l'adaptation du livre à proprement parler, car on se situe bien au-delà : nous sommes ici dans la réappropriation, l'emphase totale entre efficacité de film grand public (le film regorge d'idées visuelles qui clouent le bec a tous les détracteurs de Kounen) et angoisses insondables d'auteur. Le script ne reformule pas les 260 pages du livre, il les relaie avec une aisance presque insultante (il n'est jamais agréable de se faire traiter de consommateur débile). Le visuel, lui, oscille entre travellings vertigineux, panoramiques a tomber du siège et effets spéciaux remarquables. 99F réussit le tour de force de donner vie a un monde entièrement voué à l'artifice et à la beauté. Car au-delà des scènes déjà cultes, des prestations démentielles de tous les acteurs, du coté "rentre dans le lard" du métrage, 99F est une revanche : celle d'un acteur cantonné à faire rire, d'un réalisateur condamné à diviser, et celle d'un auteur qui a été trop payé pour mentir. Bref, 99F est un pur régal dont le final, expurgé de l'avalanche de couleurs et de sons proposée jusque là, réjouira tous ceux qui comprendront qu'il ne s'agit pas, là non plus, d'un banal clin d'oeil à Blueberry : si vous vous ennuyez durant ce quart d'heure, c'est que vous êtes toujours aussi conditionné par les images que quand vous êtes entrés dans la salle ! On peut trouver la démarche cynique, mais des pamphlets qui mordent de facon aussi féroce la main qui les nourrit, il y en a combien par an ?


Note : 16/20

Guillaume





"Tu feras attention t'as un bout de tissu qui pend, là !..." ==> Critique de 99F

# Online seit Sonntag, 16. Dezember, 2007 um 03:59

Geändert am Samstag, 15. März, 2008 um 06:04

"Voilà ce qu'ils font aux enfants" ==> Critique d' A la croisée des mondes : la boussole d'or

Et pour rester encore plus dans l'actu du moment, petit topic sur un film vu cet aprem (en compagnie d'une grande amie qui passe ses journées à se moquer de moi, elle se reconnaitra ! :). A voir impérativement...avec vos petits frères et soeurs.

A la croisée des mondes : la boussole d'or, de Chris Weitz


Date de sortie : 5 décembre 2007

Synopsis

Lyra, 12 ans, est une orpheline rebelle qui vit à Jordan College, un établissement de l'Université d'Oxford, dans un monde parallèle qui ressemble au nôtre mais qui a évolué de façon un peu différente. Elle a pour compagnon Pantalaimon, son dæmon, un être capable de prendre de nombreuses formes animales.
Le monde de Lyra est en train de changer. L'organisme gouvernemental global, le Magisterium, resserre son emprise sur le peuple. Ses sombres activités l'ont poussé à faire enlever des enfants par les mystérieux Enfourneurs. Parmi les gitans, qui ont perdu beaucoup des leurs, court une rumeur : les enfants sont emmenés dans une station expérimentale quelque part dans le Nord, et on pratique sur eux d'abominables expériences...


Le royaume inaccessible

Fallait s'y attendre : la vague d'héroïc fantasy qui déferle sur les écrans depuis la trilogie de Peter Jackson continue de faire des émules. Et que l'on adhère ou pas à toutes les propositions, impossible de passer à côté du phénomène. Le dernier produit en date de ce revival (qui tient le plus souvent de l'opération financière, m'enfin...) s'intitule donc A la croisée des mondes : la boussole d'or. Et si des ratages tels qu'Eragon ou le plus récent Les portes du temps avaient plus tendance à énerver qu'autre chose, on ressort de cette Croisée des mondes avec un sentiment bien différent : le regret. Car il y a tout ici pour faire un grand film : des effets spéciaux convaincants, un faste visuel franchement bien géré, un casting concerné (quel dommage de ne pas l'avoir vu en VO), et des thèmes aptes à captiver tous les publics. Le plus prégnant d'entre eux reste sans doute le passage de l'enfance à l'adolescence. Sauf qu'ici, on préfère justement conditionner les enfants dans un monde imaginaire pour les protéger de la réalité ("Ce n'est que de la paperasse administrative" ; "Tu n'est pas apte à comprendre. Obéis-moi et c'est tout", dit-on à l'héroïne lorsqu'elle se montre trop curieuse). En résumé, tout semble au point pour livrer un grand film d'aventures, sérieux et bien pensé. Seulement voilà...

Aller voir A la croisée des mondes... , c'est comme se rendre à un feu d'artifices qui n'aura jamais lieu. La faute au réalisateur, Chris Weitz, qui n'ose jamais prendre son sujet à bras le corps ni se plonger au coeur de son script pour en cristalliser les enjeux. Sans être soporifique, sa mise en scène plate à bien du mal à rendre justice à ce qu'il filme (raccords-regard sans incidence, champs-contrechamps mollassons, gros plan inutiles, etc...). Voilà le vrai problème du film : s'être entièrement reposé sur l'équipe technique. Le syndrôme Pirates des Caraïbes 3 aurait-il encore frappé ? Heureusement non, et le film s'avère plutôt plaisant à suivre. Loin d'être mauvais, A la croisée des mondes... est un blockbuster timide, trop timide. Mais aussi attachant au détour de quelques scènes bien enlevées (qui doivent beaucoup à la présence de Nicole Kidman). Un film qu'on aurait adoré adorer, mais qui reste hélas bien trop figé pour emballer. Reste un joli livre d'images, superbement éclairé (certains plans sont vraiment somptueux) mais malheureusement vain et sans affects. Il n'y a plus qu'à espérer que Weitz se rende compte des possibilités de son histoire, et rende vraiment justice au boulot abbatu par son équipe lors de l'inévitable suite. Wait and see, comme on dit...


Note : 11/20

Guillaume

Photo ci-dessous :
"Monsieur, monsieur ! Vous avez pas vu mon ours passer par ici ? Il s'appelle ours, il est blanc et il..."
"Tu vas te taire, non de Dieu ?? Je suis ici incognito...Et on ne m'appelle pas "monsieur" mais Bond, James Bond."
"Voilà ce qu'ils font aux enfants" ==> Critique d' A la croisée des mondes : la boussole d'or

# Online seit Sonntag, 16. Dezember, 2007 um 15:59

Geändert am Samstag, 12. Januar, 2008 um 10:52

Et un petit navet pour la route...! =>> Critique d'Ultraviolet

La science-fiction est un genre parmi les plus nobles du 7ème Art. Qu'il se fasse sensitif (2001: L'odysée de l'espace), bourrin (Terminator et ses suites), intellectuel (Matrix et (surtout) ses suites) ou qu'il puise du côté du film noir (Dark city), un tel genre offre des possibilités quasi infinies. Revers de la médaille, quand un tacheron tout juste auréolé d'un succès inattendu (le sympathique Equilibrium) se lâche dans le n'importe quoi, ça donne des aberrations filmiques particulièrement moches. Euphémisme.

Ultraviolet , de Kurt Wimmer


Date de sortie : 14 juin 2006

Synopsis

A la fin du XXIe siècle, une maladie provoquant une mutation génétique engendre une nouvelle race d'humains. Ils sont plus forts, plus rapides et plus intelligents.
Redoutant leur nombre et leur pouvoir croissant, le gouvernement les fait enfermer, et leur fait subir de terribles tests avant de décider de les éliminer.
Seule une femme, Violet, infectée par la maladie, est déterminée à protéger les siens, et à se venger de ceux qui ont créé ces "nouveaux humains".


"AAAAAH, MES YEUX !!!!"

Les drogues dures ? Laissez-moi rire... Avec Ultraviolet, nul besoin d'absorber une quelconque substance illicite pour se retrouver dans la quatrième dimension. Pour être le plus clair et objectif possible, je dirais simplment que ce..."truc" compile à une vitesse sidérante et avec un aplomb défiant les règles les plus élémentaires de la grammaire cinématographique tous les défauts possibles qu'un film de SF puisse se permettre. Couleurs baveuses, décors hideux, montage incompréhensible, histoire rachitique et, surtout, des effets spéciaux plus honteux les uns que les autres ! Il faut vraiment le voir pour le croire, alors je vous le demande, même si vous avez sûrement mieux à faire : attrapez un bout de pizza et une petite bière, et regardez donc cette horreur d'à peine 1h15. C'est au-delà de l'imagination, il s'agit d'un film tout pourri qui s'enfonce dans le ridicule (prévoir quelques éclats de rire mémorables), bourré de séquences et de dialogues ahurissants de nullité (et j'ose même pas imaginer la VF, ça doit valoir son pesant de cacahuètes, tiens !). Ne réfléchissez pas, louez-le , et mattez-le, parce que croyez moi, votre degré d'indulgence envers des balais à chiottes tels qu' Aeon flux, The punisher ou encore Blade trinity va grandement augmenter après ça. Vous savez le plus drôle ? C'est qu'on ne s'emmerde pas devant Ultraviolet, car aussi mauvais soit-il, il reste un authentique cours de non-cinéma qui fascine autant qu'il révulse. La comédie involontaire de l'année ? Pas loin. Resident evil : apocalypse a enfin trouvé son digne successeur : il s'appelle Kurt Wimmer, et aurait du choisir l' Ecole du rire plutôt que l'Ecole de cinéma. Putain mais quelle honte...!

En résumé : essayez d'imaginer Blade Runner mis en scène par un (faux) fan alcoolique de Flash Gordon qui se serait soudain pris pour le fils caché des Wachowski et de Spielberg. Bête jusqu'au vertige et moche à en crever...

Note : 6/20

Guillaume

Photo ci-dessous : "Avec Kurt Wimmer, mes cheveux brillent de toute leur force...parce que je le vaut bien !"

Et un petit navet pour la route...! =>> Critique d'Ultraviolet

# Online seit Sonntag, 23. Dezember, 2007 um 09:29

Geändert am Samstag, 19. Januar, 2008 um 20:34

"L'intermédiaire entre le cerveau et les mains doit être le coeur" : Critique de Metropolis, de Fritz Lang

"L'intermédiaire entre le cerveau et les mains doit être le coeur" : Critique de Metropolis, de Fritz Lang
Image ci-dessus : "Et comme on dit, femme en métal, femme à ..."


Guillaume dit que ce n'est pas la peine de revenir 20 en arrière pour trouver des chefs d'oeuvres ? Et bien si ! Et on en a l'exemple criant avec un film qui va bientôt fêter ses 81 ans printemps, le chef d'oeuvre de Fritz Lang :

Metropolis


Date de Sortie : 10 janvier 1927

Synopsis :
Metropolis est une mégalopole divisée en deux : la ville haute, où les familles dirigeantes vivent dans l'oisiveté, le luxe et le divertissement ; et la ville basse, où les travailleurs font fonctionner la ville, dans des conditions atroces. Maria, une femme de la ville basse, tente de promouvoir l'entente entre les classes, jusqu'au jour où un androïde maléfique essaie de lever une révolution visant à détruire les basses classes.

Critique :
81 ans ! Et pas une ride. Comment cela se fait il ? Est ce l'étonnante alchémie de la lucidité de Fritz Lang, de l'inusabilité du propos tenu, de la prouesse technique qui fait de ce film un incontournable chef d'oeuvre du cinéma mondial, et une pierre angulaire de l'expressionisme Allemand ?
Je crois que je ne peux tenter de répondre qu'en donnant des exemples tirés de ce film fleuve (200 minutes au montage présenté à la première de Berlin, seulement 130 dans la version DVD de MK2, ceci étant du au fait que de nombreuses parties du film ont été perdues).
METROPOLIS est avant tout un film politique : pourquoi ? Me direz vous, les faits racontés ayant lieu 100 ans après la réalisation ? A cause des propos tenus : l'avillissement de l'Homme par la machine (dont la monstruisité est dénoncé par une analogie entre la machine et la figure biblique du Moloch, pour lequel les Ammonites sacrifiaient leurs enfants) , l'Industrie toute puissante et l'Ombre patronnale omniprésente en font un film polémique comme il y en avait peu au milieu des années 20, Fritz Lang se plaçant ostensiblement du côté communiste de la carte politique de l'époque, tout en sachant effacer le radicalisme propre à l'extremisme de gauche. Qu'est ce que METROPOLIS, enfin, si ce n'est réelement la persuasion par l'exemple que la lutte des classes est possible, en témoigne le schéma du film : une ambiance tendu entre patronnat et prolétariat déclenche une opposition féroce entraînée tout d'abord par un leader (l'androïde), et comme le montre la fin du film, l'équilibre est créé grâce à celle ci (cf la réplique récurante du métrage « l'Intermédiaire entre le cerveau et les mains doit être le coeur »).
Bref, METROPOLIS est et reste un film définitvement engagé, qui a su garder le puissant souffle de l'idéologie Marxiste au cours de ces 81 années d'existence.
Mais METROPOLIS est bien plus que cela : c'est aussi une démonstration osée de l'Art cinématographique Allemand référentiel, le mouvement magnifique de l'expressionisme (qui avait déjà connu son apogée lors de l'exposition du chef d'oeuvre de Murnau, NOSFERATU en 1922), qui trouve ici sa raison d'être à travers les décors lyrico-gothique utilisés (les salles des machines, dont les courbes verticales écrasent les ouvriers par leur démesure, ces courbes rappellant sans cesse l'existence de la ville supérieur; l'église, décor naturel du film, il s'agit de la cathédrale de Berlin, qui créait une analogie dans le rapport entre les hommes et les divinités; les catacombes...) et nottament à travers les photogrames de la ville supérieur, superbement animés par des effets spéciaux terriblement novateur et prouvant une nouvelle fois la supériorité allemande de l'époque dans cette matière.
Pour brièvement finir, penchons nous sur le jeu d'acteur dont bénificie le métrage : Alfred Abel, qui bénificie du rôle titre masculin, détient une légère tendance à surjouer, tandis que Brigitte Helm interprète avec brio un double rôle très compliqué à gérer. Le seul problème, c'est un peu méchant, c'est qu'elle n'est vraiment pas belle. Par contre, l'interprète de Freder Fredersen est incarné à la perfection par le grand Gustav Frölich, dont la silouhette et le regard glacial donne au spéctateur une approche ambiguë du personnage le plus important de Métropolis.
METROPOLIS est donc un chef d'oeuvre immortel, qui saura captiver encore des générations entières de cinéphiles avertis. Impliqué, artistiquement puissant et didactiquement inépuisable, il saura garder son rôle de chef de file du cinéma d'anticipation encore un bon petit siècle !


Note : 18.5/20

Pierrot

# Online seit Sonntag, 23. Dezember, 2007 um 09:31

Geändert am Dienstag, 15. Januar, 2008 um 11:09