Bah voilà, ça recommence. On a certes des goûts de chiottes, mais pas forcément les mêmes. Alors comme on n'arrive pas à trouver un terain d'entente, on se partage le boulot. Double critique aux couleurs du drapeau de l'Oncle Sam... Choisis ton camp, camarade !!
Armageddon, de Michael Bay
Date de sortie : 5 août 1998SynopsisUn astéroide se dirige vers la Terre à la vitesse de 35.000 kilomètres a l'heure. Harry S. Stamper, grand spécialiste du forage pétrolier, est recruté par le directeur de la NASA pour tenter de le détruire. Lui et son équipe de têtes brulées devront se poser sur l'astéroide et placer en son coeur une charge nucléaire. Débute alors l'entraînement indispensable des astronautes et l'apprentissage des outils spatiaux...
Plutôt PourBoum !!Certes, Michael Bay nous a plusieurs fois prouvé qu'il était loin d'être un grand réalisateur. Plutôt un destructeur de mauvais goût comme il a su le démontrer dans son mauvais
Pearl Harbor et dans son certes jouissif mais débile
Bad Boys II.
OK,
Armageddon est loin d'être un grand film, il a ses défauts, mais ne dit on pas que l'on aime quelque chose pour ses défauts ? Ce film d'action burné a pour moi avant tout, et c'est pour cela que je suis plutôt pour, un métrage qui a une valeur sentimentale : il s'agit d'une des premières réalisations que j'ai pu vraiment apprécier dans toute la candeur de ma pré-adolescence hormonée et qui malgré une mise en scène moyenne, un montage épiléptique et des objectifs commerciaux clairement montrés, offre à tout spéctateur une récréation cinématographique, un hommage au « cinéma d'espace ». Les références sont là :
L'Etoffe des Héros d'un côté et
Apollo 13 de l'autre ; évidemment sans le génie de Philip Kaufmann et de Ron Howard (Michael Bay reste Michael Bay !), loin s'en faut. Le réalisateur du très sympathique
Rock nous invite à un délire visuel, alternant sans grâce mais avec une joie de gosse effets spéciaux d'avant garde et axes de caméra (trop) osés. Le tout baignant dans l'huile du patriotisme et du roman à l'eau de rose, servi par des dialogues qui exposent toute l'innocence de leurs rédacteurs (« on nous a demandé de sauver le monde »). Les acteurs se font plaisir malgré leur direction que l'on imagine chaotique : Steve Buscemi est tout à fait réjouissant dans son rôle de pervers, et Bruce est hilarant malgré lui dans son rôle de G.B.R.P (Gros Beauf Républicain Patriotique). Les scènes débiles s'enchaînent dans une joie touchante et le spectateur de ces 2h20 de fin du monde sort vidé intellectuellement mais heureux après la vision de ce film burné, actif et quand même un peu con. Michael Bay nous livre là sa vision du plaisir, un plaisir ultra communicatif : il s'agit d'un film sans ambition (si ce n'est son score au box-office) qui a tout pour se rendre sympathique et que, tout cinéphile que je suis, j'aurais beaucoup de mal à détester. A quand
Aramgeddon II ?
Note : 13/20
Pierre
Vraiment Contre !!
Badaboum...
Michael Bay est un honnête homme, c'est sûr. Il nous promet du spectacle et des explosions, de l'humour et des cascades, il nous en donne, et parfois même trop. Ce qui est d'autant plus rageant, car si le bonhomme avait une once de bon sens et un minimum de savoir-faire, ses films pourraient être vraiment sympa. Mais voilà, la lumière "Miami beach style", le montage hachuré et incompréhensible et des dialogues pitoyables tirent tous ses films vers le bas, les rendant immédiatement obsolètes. Et hormis l'hallucinant Bad Boys II, monument de bêtise et de violence gratuite absolument hilarant (vu 7 fois, c'est dire si le plaisir coupable est ENORME !) et le récent Transformers, plutôt bien torché et jouissif, rien à sauver dans la filmo de ce gros bourrin sans âme. Armageddon est peut-être le plus triste exemple de ce nivellement par le bas. Avec un beau casting sous la main (Bruce Willis, Michael Clarke Duncan, Steve Buscemi, Liv Tyler...c'est quand même pas rien !!) et une équipe technique dévouée qui abat un boulot démentiel (Digital Domain aux effets spéciaux, on ne se refuse rien), Bay massacre son film à grands coups de montage épileptique et de séquences foirées par manque de rigueur (voir la destruction de Paris, où les p'tits frenchies sont représentés avec une 2CV et un béret, ou encore celle de New-York, jamais impliquante). Michael passe 2h20 à s'amuser avec ses petits joujous, sans se soucier de savoir si ses personnages en deviennent antipathiques, son script idiot, et son film une vaine démonstration de force. Armagaddon, ou comment transformer une idée improbable mais excitante en un défilé de séquences inintéressantes, toutes flinguées dans l'oeuf par le je-m'en-foutisme de son responsable. Enervant les 25 premières minutes, juste chiant pour la suite. Jamais la fin du monde ne fut aussi triste...
Note : 7/20
Guillaume
En résumé : grosse production explosive et spectaculaire bourrée de stars, Armageddon fonce dans le tas sans se poser de questions, mélangeant humour et action sans avoir peur d'en faire trop. Jouissif ou insupportable, c'est selon...
Photo ci-dessous : "C'est pas une télé, c'est pas un grille-pain, c'est pas non plus un rasoir électrique...Tout ce chemin pour ça ? Si j'avais su, j'aurais pô venu..."