Photo ci-dessus : "Des poubelles, de la flotte, un caniveau, du sang sur la chemise (?)... ça, c'est un lendemain de beuverie comme je les aimes !!!"
Et le thriller ? ... Bordel ! Voilà un genre qu'on a oublié de traiter depuis la naissance de ce blog fantastique, en atteste vos commentaires sans cesse plus élogieux (nous vous en remercions d'ailleurs). Et en plus, chose folle ! tout comme nous avions omis Mr Kubrick jusqu'à la page 4 du drunkmen's blog, nous avons dédaigné (honte à nous et repentance sur nos âmes déjà damnées) le grand, l'unique, le monstrueux Dada Le Terrible : vous avez bien sûr reconnu David Fincher dont les superlatifs seraient trop peu nombreux pour dire à quel point le bonhomme est grandiose. La critique qui suit porte sur sa deuxième ( ! ) réalisation, l'incroyable
SE7EN
Date de sortie : 31 Janvier 1996INSPECTOOOOOOOR !...Pour conclure sa carrière, l'inspecteur Somerset, vieux flic blase, tombe a sept jours de la retraite sur un criminel peu ordinaire. John Doe, c'est ainsi que se fait appeler l'assassin, a decidé de nettoyer la societé des maux qui la rongent en commettant sept meurtres bases sur les sept pechés capitaux: la gourmandise, l'avarice, la paresse, l'orgueil, la luxure, l'envie et la colère
...I want to speak to my lawyer
Rooooh là là ! Que dire de Se7en ? Tout simplement qu'il s'agit d'un chef d'œuvre. Bon, un chef d'œuvre certes inférieur au grandiosement schyzophrénique ou au schyzophréniquement grandiose Fight Club, mais qui, 3 ans avant l'apparition du cultissime pamphlet social de Mr Fincher annonçait déjà tout le talent de son géniteur, tant d'un point de vue visuel que narratif ; présageait toutes les dispositions du bonhomme à s'armer d'un casting anthologique et d'une équipe technique virtuose pour raconter une histoire loin d'être banale (cf le synopsis).
Mais là ou Fincher réussit un coup de Fincher... de maître pardon, c'est en juxtaposant à ce qui reste une intrigue policière, une vision sans conscession de la société contemporaine : l'ignorance, la peur, la dé-sociabilisation qui se créait entre les hommes, le non-interventionisme et la désolidarité qui s'attaque aux villes dites moderne (parfaitement illustré par la réplique sortie par Somerset : « quand une fille se fait violer, elle n'appelle pas au crime, mais au feu » Les gens aiment le spectacle ) sont les vrais pêchés dénoncés par celui qui reste certainement le cinéaste le plus en phase avec son temps.
Ainsi, le scénario se construit à la façon un puzzle et prend vit autour d'un pitch de base géré sans faute de goût et en total adéquation avec l'ambiance du film. Fincher fait défiler devant sa caméra tout ce qui constituera les récurrences de ses films : décors crades, ambiance pesante, personnages anachroniques, désués, charismatiques et/ou schyzophrènes... pour ce dernier élement, le film dispose d'un casting plus que grandiose, ou Brad rentre avec classe (comme toujours, il est énervant ce mec ! ) dans son rôle de bleuet, jeune et fougueux étalon policier, offrant au spectateur lors de la séquence finale toute l'étendu de son talent, alors que Morgan Freeman gère parfaitement son premier rôle, certainement un des plus aboutis de sa longue carrière. Imposant définitivement son aura de grand acteur, Freeman offre avec une aise déconcertante les visages de la fatigue, joie et autres sentiments qui auront rarement trouvé meilleurs intreprètes. Kevin Spacey quant à lui s'est bel et bien glissé dans la peau de John Doe : tellement glacial que l'on se demande si il n'est pas un psychopate dans la vraie vie... flippant.
Toute cette tension artistique, canalisée au cours du métrage, se libère dans un twist final hallucinant et dans un climax surpuissant, soufflant sur le visage du spectateur tétanisé depuis les premières notes du score de Howard Shore (Lord Of The Rings), l'ouragan du don hérité par Fincher : le don du génie cinématographique dans toute sa splendeur, exprimant toute sa rage, et toute l'ingéniosité du papa de The Game.
En état de grâce quasi permanent depuis les premières secondes de Se7en, Fincher nous prouve sa virtuosité inqualifiable : il canalise avec une simplicité et une dextérité jouissive tous les élements que le 7eme art et que New Line Cinéma lui offrent pour faire de son film une masterpiece, une « préface» extraordinaire à ce qui sera sûrement le but de la carrière du réalisateur d' Alien 3, l'enfantement de son supérieur (et de peu, car Se7en est parfait) Fight Club (celui là est surparfait).
En résumé : Je crois que le dictionnaire des adjectifs a été dévalisé depuis le début de cet article, et je penses que je vais me répéter une nouvelle fois en disant que ce métrage est tout simplement l'œuvre d'un Génie du cinéma. Intemporel, culte, puissant, tendu, surprenant...et surtour très glauque. Seule l'heure à laquelle je rédige ce papier m'empêche de continuer cet élogieux article.
Note : 17/20
Pierre