"I'm alive ! I'M ALIIIIIIIIIVE !!!!" ===> Critique commune d'Hyper tension

Arh ! La deuxième dispute de ce blog a terni quelque peu ce week-end entre amoureux de la bière (d'ailleurs, y en a plus beaucoup, on va le sentir passer le contrôle d'espagnol de demain matin...), week-end qui avait si bien débuté... Qu'importe ! Nous avons la solution miracle pour nous réconcilier : une critique commune ! C'est l'occasion idéale de constater que finalement, on a toujours des goûts de chiottes commun(e)s (si vous avez trouvé et compris la vanne précédente, merci de nous envoyer l'explication). Allez, on se donne la main, et on y va ! Ouais non, lâche moi la main en fait...

H y p e r T e n s i o n ,
de Neveldine & Taylor


Date de sortie : 14 mars 2007


"Tu vas voir si j'arrives pas à lever" les enjeux du script"

"Un connard m'a empoisonné pendant mon sommeil. Pour continuer à vivre, mon taux d'adrénaline doit rester élevé. Vais en profiter pour faire payer le connard au passage, tiens ! Et tout casser aussi...!"


"Rhooo, ma bonne dame, y a plus de jeunesse !" Ah ouais, t'es sûre ????

Avouns-le : Hyper Tension risque de ne pas plaire à la gent féminine. Mais-là n'est pas la question : pourquoi prendre des pincettes en ce qui concerne les femmes alors qu'on tape sur tout le reste (les hommes sont ici presque tous des abrutis finis, et surtout pas des héros) ? Sans jamais se montrer prétentieux, Hyper Tension transgresse le plus de règles morales possibles et ce en une petite heure vingt. Ainsi, machisme, drogue, racisme, violence et nous en passons sont remis au goût du jour dans cet inavouable bordel. N'y voyez pas une déclaration d'amour au vice (quoique...), Hyper Tension n'est pas crédible une seule seconde...mais tripant d'un bout à l'autre ! Si l'intrigue reste standard, le pitch de départ est en lui même assez jouissif et se verra finement exploité. Les géniteurs de ce beau bébé ont avant tout voulu juxtaposer les situations les plus innatendues et les plus osées à un visuel qui mange son pain chez Tony Scott (celui d'Ennemi d'état et Domino) et Michael Bay (celui de d'habitude). Avis aux épileptiques... car en plus de cela, les tergiversations médicales et sanitaires du héros l'emméneront à emprunter les mêmes voies que le Raoul Duke de Las Vegas Parano : délires visuels et psychédéliques à prévoir...

Que dire de plus sur ce monument, sur ce qui est certainement un des films les plus importants de l'année 2007, tant au point de vue culturel qu'intellectuel ? Qu'il a le potentiel pour s'inscrire de manière définitive dans la mémoire collective (ainsi que sur la liste noire des cahiers du cinéma :) ? Qu'il se doit d'être montré dans les petites écoles pour l'éducation de notre belle jeunesse ? Que son énergie laisse cloué au fauteuil ? Que l'un des deux auteurs de ces lignes a le souvenir ému du regard noir de la caissière du cinéma ? Que putain, Jason Statham, il a la classe quand il est pas dans Le Transporteur ? Qu'un film pareil, ça vous requinque un homme ? Que Jason Statham, il a la classe quand il court tout nu ? Que cette noble œuvre, sensible, drôle, poignante et profonde comme un coup de pied au cul a décidément de graves problèmes psychologiques ? Que GTA ne pouvait trouver plus beau pendant cinématographique ? Qu'il fera hurler de terreur tous les cinéphiles coincés du bulbe ? Que Jason Statham, il a la classe quand il fornique dans la lumière de Chinatow (niark niark ) ? Ca s'appelle la poésie, MESSIEURS DAMES ! Fuck you everybody !! His name is Chev Chelios, and he's very PISSED OFF !!!!

En résumé : on a enfin trouvé le ch'tit frère de Bad Boys II !! Bordélique, sado-maso, inavouable, graveleux, rythmé, sans queue ni tête (enfin, surtout sans tête !). Fans de Bergman et Godard, préparez vos sacs à vomi. Allergiques à la poésie du vice, passez votre chemin. Cinéphiles pervers, foncez-y : veuillez prévoir un slip de rechange !!!! Mouahahahaha !!!!

Note : 14/20 (on a honte...mais on aime ça ! )

Pierre & Guillaume


Photo ci-dessous :
"Mais bordel, j'ai dit sur LES tétons !! T'insinues que le droit se situe plus haut que le gauche, HEIN ???"
"Non m'sieu pitié tirez pas, j'ai une femme et des enfants ! Je ferai tout ce que vous voudrez !..."
"Tout ce que je veux...? On va voir ça, baisse la tête mon cochon..."

"I'm alive ! I'M ALIIIIIIIIIVE !!!!" ===> Critique commune d'Hyper tension

# Online seit Sonntag, 20. Januar, 2008 um 15:30

Geändert am Montag, 11. Februar, 2008 um 03:19

Un an de plus... et un pied dans la tombe !

Et oui ! C'est notre anniversaire ! Le vieux Guigui a déjà fêté son vingtième printemps samedi dernier alors que le jeune Pierrot s'apprête à célébrer dans la fraîcheur de son bel et doux âge son dix-septième anniversaire !

Mais il faut savoir que malgré l'intérêt puissant qu'attire le miroitement des cadeaux fait par les proches, l'Anniversaire est loin d'être une partie de plaisir : c'est la concrétisation de notre anihilisement personnel. Trouble de l'érection, rhumatisme, calvitie précoce et poil dans le nez deviennent notre lot quotidien ! Il s'agit là d'une chose terrible et chaques commémorations de notre naissance sont plus dures : la perspéctive même de pouvoir souffler des bougies sans cesse plus nombreuse devient source d'angoisse et de sueurs incontrôlées !

Date de sortie de Guillaume : 19 janvier 1988
Date de sortie de Pierrot : 23 janvier 1991


Sur ces belles et puissantes paroles, je vous laisse avec un mix de cinéma et d'anniversaire, certainement le plus émoustillant "Bon anniversaire" chanté dans l'histoire du folklore annuel : la version référentielle de Mme Marylin Monroe.

En attendant :
"Happy birthday to us, happy birthday to us...!"

# Online seit Montag, 21. Januar, 2008 um 11:58

Geändert am Mittwoch, 06. Februar, 2008 um 09:41

"Gloubouloubs" ==> Critique du Blob

Après Armageddon et Hyper Tension, continuons dans la finesse ! Plus sérieusement, je viens de revoir une petite perle un peu oubliée des 80's, qui n'a rien perdu de son charme, ni de son énergie. Et non, elle n'est pas signée par la main d'un grand !

Le blob , de Chuck Russel

Pas de bande-annonce, na !

Date de sortie : y a longtemps, très longtemps...!

Pas de synopsis non plus, re-na !


La fin du monde est proche, et elle n'est pas jolie jolie...!

Des années que Chuck Russel se traine une sale réputation. Alors certes, le bonhomme a mérité son sort (Le Roi scorpion, c'te honte !), mais qu'il serait dommage (que dis-je, injuste !) d'oublier Le blob. Sous ce doux patronyme se cache une vilaine bébête qui se matérialise sous la forme d'une masse gélatineuse hautement toxique, un truc à vous dégoûter à vie du chewing-gum. C'est un clochard qui sera le premier à en faire les frais, à vouloir tâter de trop près une météorite fraichement crashée près d'un bled paumé. Accourant au plus vite dans l'hosto le plus proche avec ladite masse collée autour d'une main, le pauvre homme subira un sort peu enviable. La contamination sera foudroyante, et la course pour la survie qui s'ensuivra...impayable !

Parti d'un banal pitch de série B, Chuck Russel (et sa fantastique équipe des effets spéciaux) tissent un petit survival bourré de charme, de truquages visqueux et d'idées improbables mais 100% efficaces. Le plaisir, parfois coupable, que l'on prend à regarder Le blob n'a d'égal que sa modestie : immense. Voilà un show certes décontracté, mais qui n'exclut pas quelques moments de tension, tant la vilaine bestiole est dégoutante. A la fois fun, généreux et bien dégueu comme il faut, Le blob est un pur bonheur de film d'horreur 80's, bardé de scènes cultes et dont le final ENORME se doit de rester dans les mémoires. Ce qu'on appelle un petit classique. Et comment !!


En résumé : du pur B-movie bien troussé et ultra-généreux, drôle et jouissif du début à la fin. Un show cradingue totalement assumé, qui n'affiche aucune autre prétention que celle de ne pas en avoir. Monumental !

Note : 15/20

Guillaume

Photo ci-dessous : "Môman, ça y est, je sais faire des bulles !"

"Gloubouloubs" ==> Critique du Blob

# Online seit Donnerstag, 24. Januar, 2008 um 07:15

Geändert am Mittwoch, 30. Januar, 2008 um 13:35

« Tu lis "fusils" en te branlant dans ta merde. Un moment, tu t'arrêtes et tu te dis : "C'est dingue comme je suis dément ! " » => Critique de Se7en, de David Fincher

« Tu lis "fusils" en te branlant dans ta merde. Un moment, tu t’arrêtes et tu te dis : "C’est dingue comme je suis dément ! " »  => Critique de Se7en, de David Fincher
Photo ci-dessus : "Des poubelles, de la flotte, un caniveau, du sang sur la chemise (?)... ça, c'est un lendemain de beuverie comme je les aimes !!!"


Et le thriller ? ... Bordel ! Voilà un genre qu'on a oublié de traiter depuis la naissance de ce blog fantastique, en atteste vos commentaires sans cesse plus élogieux (nous vous en remercions d'ailleurs). Et en plus, chose folle ! tout comme nous avions omis Mr Kubrick jusqu'à la page 4 du drunkmen's blog, nous avons dédaigné (honte à nous et repentance sur nos âmes déjà damnées) le grand, l'unique, le monstrueux Dada Le Terrible : vous avez bien sûr reconnu David Fincher dont les superlatifs seraient trop peu nombreux pour dire à quel point le bonhomme est grandiose. La critique qui suit porte sur sa deuxième ( ! ) réalisation, l'incroyable

SE7EN


Date de sortie : 31 Janvier 1996


INSPECTOOOOOOOR !...

Pour conclure sa carrière, l'inspecteur Somerset, vieux flic blase, tombe a sept jours de la retraite sur un criminel peu ordinaire. John Doe, c'est ainsi que se fait appeler l'assassin, a decidé de nettoyer la societé des maux qui la rongent en commettant sept meurtres bases sur les sept pechés capitaux: la gourmandise, l'avarice, la paresse, l'orgueil, la luxure, l'envie et la colère


...I want to speak to my lawyer

Rooooh là là ! Que dire de Se7en ? Tout simplement qu'il s'agit d'un chef d'œuvre. Bon, un chef d'œuvre certes inférieur au grandiosement schyzophrénique ou au schyzophréniquement grandiose Fight Club, mais qui, 3 ans avant l'apparition du cultissime pamphlet social de Mr Fincher annonçait déjà tout le talent de son géniteur, tant d'un point de vue visuel que narratif ; présageait toutes les dispositions du bonhomme à s'armer d'un casting anthologique et d'une équipe technique virtuose pour raconter une histoire loin d'être banale (cf le synopsis).

Mais là ou Fincher réussit un coup de Fincher... de maître pardon, c'est en juxtaposant à ce qui reste une intrigue policière, une vision sans conscession de la société contemporaine : l'ignorance, la peur, la dé-sociabilisation qui se créait entre les hommes, le non-interventionisme et la désolidarité qui s'attaque aux villes dites moderne (parfaitement illustré par la réplique sortie par Somerset : « quand une fille se fait violer, elle n'appelle pas au crime, mais au feu » Les gens aiment le spectacle ) sont les vrais pêchés dénoncés par celui qui reste certainement le cinéaste le plus en phase avec son temps.

Ainsi, le scénario se construit à la façon un puzzle et prend vit autour d'un pitch de base géré sans faute de goût et en total adéquation avec l'ambiance du film. Fincher fait défiler devant sa caméra tout ce qui constituera les récurrences de ses films : décors crades, ambiance pesante, personnages anachroniques, désués, charismatiques et/ou schyzophrènes... pour ce dernier élement, le film dispose d'un casting plus que grandiose, ou Brad rentre avec classe (comme toujours, il est énervant ce mec ! ) dans son rôle de bleuet, jeune et fougueux étalon policier, offrant au spectateur lors de la séquence finale toute l'étendu de son talent, alors que Morgan Freeman gère parfaitement son premier rôle, certainement un des plus aboutis de sa longue carrière. Imposant définitivement son aura de grand acteur, Freeman offre avec une aise déconcertante les visages de la fatigue, joie et autres sentiments qui auront rarement trouvé meilleurs intreprètes. Kevin Spacey quant à lui s'est bel et bien glissé dans la peau de John Doe : tellement glacial que l'on se demande si il n'est pas un psychopate dans la vraie vie... flippant.

Toute cette tension artistique, canalisée au cours du métrage, se libère dans un twist final hallucinant et dans un climax surpuissant, soufflant sur le visage du spectateur tétanisé depuis les premières notes du score de Howard Shore (Lord Of The Rings), l'ouragan du don hérité par Fincher : le don du génie cinématographique dans toute sa splendeur, exprimant toute sa rage, et toute l'ingéniosité du papa de The Game.

En état de grâce quasi permanent depuis les premières secondes de Se7en, Fincher nous prouve sa virtuosité inqualifiable : il canalise avec une simplicité et une dextérité jouissive tous les élements que le 7eme art et que New Line Cinéma lui offrent pour faire de son film une masterpiece, une « préface» extraordinaire à ce qui sera sûrement le but de la carrière du réalisateur d' Alien 3, l'enfantement de son supérieur (et de peu, car Se7en est parfait) Fight Club (celui là est surparfait).



En résumé : Je crois que le dictionnaire des adjectifs a été dévalisé depuis le début de cet article, et je penses que je vais me répéter une nouvelle fois en disant que ce métrage est tout simplement l'œuvre d'un Génie du cinéma. Intemporel, culte, puissant, tendu, surprenant...et surtour très glauque. Seule l'heure à laquelle je rédige ce papier m'empêche de continuer cet élogieux article.

Note : 17/20

Pierre

# Online seit Donnerstag, 24. Januar, 2008 um 16:03

Geändert am Dienstag, 29. Januar, 2008 um 10:52

"Passe moi le sang !"=> Critique de Noi Albinoi de Dagur Kari

Exit les grosses productions Hollywoodiennes, bye bye les grands classiques qui ont échaffaudé le 7eme Art, salut les p'tites merdouilles touchantes et bourrines qui font de notre vie une permanente recherche de la beaufitude... le film que votre serviteur a cidé de critiquer nous vient tout droit du froid, d'Islande, et est réalisé par un parfait inconnu, Dagur Kari, qui, avec son deuxième film, nous plonge dans une conception très spéciale de... pleins de choses.

Noi Albinoi



Date de sortie : 9 juillet 2003


Tu as vu l'Islande ?...

Noi est albinos. Noi s'embête. Noi veut être loin de son fjord. Noi veut être amoureux. Noi veut être riche. Noi veut être libre.


...On dirait un crachat sur la carte.

Que dire de ce film ? De ce petit film de 1h30, un petit embêtant, un petit peu monochrome, pas mal glauque et rempli d'un humour noir étonnant... Qu'en dire ?

Que, malgré une bonne dose de défauts, il a toute les qualités pour rester longtemps dans l'esprit du spectateur : Noi Albinoi est touchant, émouvant, désarmant par sa beauté ultra épuré, par ses personnages innatendues, attachant ou détéstables ; par son interprète principal, qui rentre dans un rôle à la mesure des ambiguités qui résident dans le film.

Ainsi, la difficile distinction entre amour ou pitié, réussite ou chute, humour ou drame, font de ce métrage une œuvre en permanent équilibre, qui, malgré des faux pas, remonte sans se démonter, sachant toucher le public au plus profond de son âme et offrant à chaque personne une conception desespérée de la solitude humaine, du drame de l'incommunicabilité.


Le fait que le film ait lieu dans un climat relativement dénué d'homme et difficile d'accès n'est pas un hasard : il reflète l'insularité physiologique du héros face à une société qu'il ne comprend pas et qui ne le comprend pas, et ce malgré tout l'amour que se cahcun porte envers son prochain. Son albinisme est interprétable de la même façon : il s'agit plus d'une marginalisation du personnage qu'une réelle différence physique (la différence physique reflétant le contraste idéologique... vous me suivez là ?). Et c'est grâce à la refléxion échaffaudée tout au long du film que le public sort mitigé mais changé de ce film boulversant de par les thèmes traités, de par la justesse de l'interprétation.

Les successions d'événements qui constituent la vie de Noi flirtent en permanence entre un tragique abject, un humour débordant, une totale empathie et un total rejet des personnages. Tant et si bien que ces événements font de ce film une œuvre parfaitement en phase avec ses contemporains. Dagur Kari offre un impeccable et prophétique pendant insulaire et glacier à l'Elephant de Gus Van Sant : avec son rythme admirablement géré, ses descriptions épurés au maximum, ses personnages ultra charismatiques, le réalisateur de Lost Week End nous en met finalement qu'une dose légère dans les mirettes (malgré certes, une technique impeccablement géré) mais nous ébloui le cœur avec la chaleur du pâle soleil islandais...


En résumé : Là ou certains diront (et je peux les comprendre) : "Si vous voulez voir un albinos islandais courir dans la neige, ce film est fait pour vous" , je dirai plutôt ceci : Noi Albinoi est sûrement un grand film. Gavé de potentiel, clairement. On sent que Dagur Kari a tout d'un grand réalisateur. La seule chose que je lui demanderai serait d'arracher de son film une imperméabilité relativement handicapante. Il ne nous resterait plus qu'à contempler le résultat bouche ouverte.

Note : 12/20

Pierrot


Image ci-dessous : "Je vous l'avais bien dit ! Ce film, c'est qu'un albinos islandais qui courre dans la neige ! PAS DE QUOI EN FAIRE UN PLAT ! BOBONNE ! UNE AUTRE BIERE !"
"Passe moi le sang !"=> Critique de Noi Albinoi de Dagur Kari

# Online seit Mittwoch, 30. Januar, 2008 um 15:24

Geändert am Montag, 25. Februar, 2008 um 12:40